Depuis le 1er juillet 2022, un majeur peut substituer ou adjoindre le nom de son autre parent par simple déclaration en mairie, gratuitement, une seule fois dans sa vie. Comptez un mois de réflexion entre le dépôt du dossier et la validation définitive. Tout ce qui sort de ce cadre, le nom d’un aïeul, la francisation, un nom ne figurant pas sur votre acte de naissance, relève encore de la procédure administrative par décret auprès du ministère de la Justice, plus longue et payante.

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Par Marion T. · Spécialiste vie de famille chez Assortis Moi

Le droit n’est pas ma profession : chaque chiffre et chaque échéance de cette page vient des fiches officielles et du texte de loi, vérifiés un à un. En cas de situation particulière, votre commune reste l’interlocuteur. Mis à jour en septembre 2026 · 7 min de lecture

Deux procédures, une seule question à se poser

Tout se joue sur un point : le nom que vous voulez porter figure-t-il déjà sur votre acte de naissance ? Si oui, la voie simplifiée vous est ouverte. Sinon, il faudra passer par le décret, et démontrer un intérêt légitime. La loi du 2 mars 2022 a créé cette voie déclarative sans supprimer l’ancienne.

  • Porter le patronyme qui ne vous a pas été transmis à la naissance : procédure simplifiée.
  • Réunir les deux, dans l’ordre de votre choix : même voie.
  • Inverser un double patronyme que vous portez déjà : même voie.
  • N’en garder qu’une partie : même voie.
  • Reprendre celui d’un grand-parent, franciser une consonance étrangère, inscrire celui de votre époux ou épouse à l’état civil : décret uniquement.

Un mot sur le vocabulaire, parce qu’il induit en erreur : l’officier d’état civil n’autorise rien, il reçoit la demande. Cet officier vérifie que le dossier est complet et que le patronyme demandé apparaît bien à l’acte, en absence de toute autre contrainte. Aucune preuve de motivation n’est requise et le demandeur n’a aucune justification à exposer. C’est toute la logique du texte de 2022 : rendre à la personne majeure le choix que sa filiation avait opéré à sa place.

Quelle voie pour votre situation ?

Quatre régimes, quatre coûts, quatre durées. Ouvrez celui qui correspond à ce que vous voulez obtenir.

Prendre le nom de mon autre parent, accoler les deux, les inverser ou n’en garder qu’un (pour moi, majeur)▲

Déclaration en mairie

Dépôt au guichet, puis retour en personne un mois plus tard pour signer : aucune procuration n’est admise. Ce droit ne s’exerce qu’une fois dans la vie, sans marche arrière possible.

Gratuit · un mois de délai au minimum

Reprendre le nom d’un grand-parent, franciser le mien, inscrire à l’état civil celui de mon époux ou de mon épouse▼

Voie longue, par décret

Le nom visé est absent de votre filiation directe : annonce préalable, dossier argumenté pour le garde des Sceaux, et un motif sérieux à démontrer. Un homonyme peut s’opposer.

Annonce légale 58 €, publication au Journal officiel gratuite · Plusieurs mois à plusieurs années

Changer celui de mon enfant mineur▼

Fermée aux moins de 18 ans, sauf ricochet

Un parent ne peut pas l’exercer à la place de son enfant. Le changement se répercute automatiquement quand le parent le fait pour lui-même, avec l’assentiment de l’intéressé à partir de 13 ans. À défaut, il reste la voie longue.

Annonce légale 58 € le cas échéant · Plusieurs mois à plusieurs années

Corriger une orthographe, un accent, un trait d’union▼

Ni l’une ni l’autre, en principe

Une erreur de transcription se répare par une rectification auprès du procureur. Si la graphie contestée est bien celle du registre, alors seulement la voie longue s’applique.

Coût et durée variables selon la voie retenue

Montants et délais valables pour une demande déposée en France métropolitaine.

Une femme monte les marches d'une mairie, un dossier sous le bras

La procédure simplifiée, étape par étape

Elle est ouverte aux personnes majeures et aux mineurs émancipés, y compris à ceux nés à l’étranger. Une personne bénéficiant d’une mesure de protection, tutelle ou curatelle, fait la demande elle-même : ce choix engage l’identité, pas le patrimoine, donc la représentation par le tuteur n’est ni requise ni admise.

Le dossier à déposer tient en quelques pièces.

  • Le formulaire Cerfa 16229, daté et signé.
  • Une preuve d’identité et de nationalité en cours de validité.
  • Une copie intégrale de votre acte d’état civil de naissance, de moins de 3 mois.
  • Un justificatif de domicile.
  • Le bulletin n°3 de votre casier judiciaire.
  • Les actes des enfants concernés, et leur consentement écrit s’ils ont 13 ans ou plus.

Le dépôt se fait dans la commune de résidence ou dans celle du lieu de naissance. Les Français nés à l’étranger doivent s’adresser au service central d’état civil, celle établie hors de France à son ambassade ou à son consulat. Ce mois court à compter de la réception du dossier complet.

Le calendrier de cette voie

Deux passages en mairie, un mois d’écart minimum

JOUR 1 Dépôt du Cerfa et des pièces. Rien n’est encore engagé, vous pouvez renoncer
+ 1 MOIS Temps de réflexion incompressible. Il peut être plus long, jamais plus court
CONFIRMATION Vous revenez en personne signer. Sans ce second passage, la demande est abandonnée
AUSSITÔT Le nom change. Mention en marge de l’acte, aucune attente de publicité
+ 3 MOIS Renouvellement obligatoire de la carte d’identité et du passeport, gratuit

Le décret, quand le patronyme visé n’est pas dans votre acte

Cette voie existait avant la réforme et reste applicable dans tous les cas que la déclaration ne couvre pas. Elle suppose de justifier d’un intérêt légitime, apprécié par le garde des Sceaux. Les motifs invoqués avec succès sont connus.

  • Un nom difficile à porter, ridicule ou à consonance péjorative.
  • Un nom devenu médiatiquement associé à une mauvaise réputation.
  • La volonté d’éviter l’extinction d’un patronyme menacé, porté de façon longue et constante dans la famille.
  • La consécration d’un usage ancien et continu.
  • Une fratrie portant des noms différents et souhaitant les unifier.
  • Des raisons affectives exceptionnelles, notamment lorsque celui ou celle dont on porte le patronyme a été absent ou violent.

Le parcours est autrement plus long. Vous publiez d’abord une annonce préalable au Journal officiel, gratuite, puis une seconde dans un support habilité à recevoir les annonces légales de votre département, facturée 58 € forfaitaires depuis le 1er janvier 2026. Le dossier part ensuite au ministère de la Justice, qui peut demander une enquête au procureur en cas de difficulté. L’instruction prend plusieurs mois, parfois plusieurs années. Toute personne portant le même nom peut former opposition, et le demandeur dispose alors de recours. Un refus doit toujours être justifié.

Ce qui arrive aux enfants

C’est le point que les gens découvrent en cours de route, et parfois trop tard. La modification se répercute d’office sur les enfants mineurs de moins de 13 ans : aucune formalité supplémentaire, le patronyme nouveau devient le leur.

À partir de 13 ans révolus, l’enfant doit consentir personnellement, et son accord doit être donné au plus tard le jour de la confirmation. Son refus, même silencieux, suffit : il garde alors le nom qui lui a été transmis à la naissance. Résultat possible : des aînés qui conservent un patronyme et des cadets qui en portent un autre. Le droit antérieur tenait cette unité pour un principe cardinal ; la voie déclarative accepte de la sacrifier.

Autre effet peu commenté : une personne séparée peut, en faisant sa propre déclaration, entraîner le nom de ses jeunes enfants sans que le père ou la mère qui exerce aussi l’autorité parentale en ait été prévenu. La fiche officielle demande d’informer l’autre parent des conséquences, mais son accord n’est pas requis dans cette configuration. C’est l’une des critiques régulièrement adressées au dispositif.

Après le changement : la liste des documents à refaire

L’administration modifie vos actes d’état civil, pas vos papiers. Ce travail-là vous revient entièrement, et il est plus long qu’on ne l’imagine. C’est une obligation, pas une formalité facultative.

  • Carte nationale d’identité et passeport, dans les 3 mois suivant la mise à jour de l’acte, gratuitement sur remise des anciens titres.
  • Permis de conduire et certificat d’immatriculation.
  • Carte vitale et dossier auprès de votre caisse.
  • Banque, assurances, employeur et bulletins de paie.
  • Bail, fournisseurs d’énergie, opérateur téléphonique.
  • Documents fiscaux et comptes en ligne de l’administration.

Un avertissement qui n’est pas de la figure de style : utiliser un document d’identité qui ne correspond pas à votre état civil est puni de 5 ans d’emprisonnement et 50 000 € d’amende. Le renouvellement des titres n’est pas une option.

Enfin, sachez que l’opération ne modifie pas votre personnalité juridique. Vos dettes, vos créances, vos droits de propriété et vos successions restent attachés à vous. Un contrat signé sous l’ancien nom demeure parfaitement valide.

Si votre démarche vient d’une envie de renouer avec une lignée plutôt que d’un problème administratif, l’enquête généalogique est souvent le vrai point de départ : notre guide sur l’origine du nom de famille et celui sur l’arbre généalogique expliquent comment remonter la piste.

Chez Assortis Moi, nous habillons les tribus de toutes les formes depuis 2018. Nos tenues assorties pour toute la famille sont personnalisées et floquées en France, fabriquées à la commande.

Questions fréquentes sur le changement de nom

Combien coûte un changement de nom de famille ?▲

La procédure simplifiée est entièrement gratuite. La voie du décret suppose une publication au Journal officiel, gratuite, et une annonce dans un support d’annonces légales facturée 58 € forfaitaires depuis le 1er janvier 2026, hors honoraires d’avocat éventuels.

Combien de fois peut-on changer de nom ?▼

La voie déclarative ne s’exerce qu’une seule fois dans la vie, et il n’existe aucun droit de repentir : revenir à son nom précédent serait un nouveau changement, donc impossible par cette voie. Le décret reste ouvert ensuite, mais il exige un intérêt légitime, et le regret n’en est pas un.

Peut-on faire la démarche entièrement en ligne ?▼

Non. Le formulaire se télécharge en ligne et l’acte de naissance se commande à distance, mais le dépôt puis la confirmation supposent deux passages en mairie. La confirmation est strictement personnelle, aucune procuration n’est admise.

Peut-on changer le nom de son enfant mineur ?▼

Pas par la voie déclarative, réservée aux majeurs. Le patronyme de l’enfant suit celui de l’adulte qui fait sa propre démarche. Pour une demande visant directement l’enfant, il faut passer par le décret, avec l’accord écrit du second parent ou, en cas de désaccord, du juge aux affaires familiales.

Que se passe-t-il si la mairie refuse ma demande ?▼

Le refus de l’officier d’état civil ne peut se fonder que sur un motif objectif : dossier incomplet, identité non établie, nom ne figurant pas sur l’acte de naissance. En cas de doute sérieux, il saisit le procureur, qui peut s’opposer par une décision motivée. Vous pouvez alors saisir le tribunal judiciaire, avec un avocat obligatoire.

Peut-on prendre le nom de son conjoint à l’état civil ?▼

Non. Celui de l’époux ou de l’épouse s’utilise comme nom d’usage, une voie distincte, réversible et sans effets sur l’acte. Pour l’inscrire à l’état civil, il faudrait un décret, et le seul mariage ne constitue pas un intérêt légitime.

Le changement de nom est-il immédiat ?▼

Pour la déclaration, oui : dès qu’elle est enregistrée, une mention est portée en marge de l’acte, sans délai de publicité. Pour le décret, il faut attendre sa publication au Journal officiel puis la transcription sur les actes, dans un délai de trois mois.

Écrit par

Marion T.

Passionnée de mode familiale et de créations coordonnées, j'accompagne les familles, couples et amis dans le choix de leurs tenues assorties depuis 2018. Je partage ici mes conseils style, mes idées cadeaux et les tendances du moment pour des moments partagés avec style. Maman de deux enfants j'ai adopté le Matchy Matchy dès leur naissance !

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