Une famille d’accueil, au sens de la loi, c’est un assistant familial agréé et l’ensemble des personnes qui habitent sous son toit. Cet assistant familial héberge chez lui, contre rémunération, jusqu’à trois mineurs ou jeunes majeurs de moins de 21 ans confiés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). L’agrément est délivré par le président du conseil départemental pour cinq ans, après environ quatre mois d’instruction. Depuis l’arrêté du 1er avril 2025, il faut suivre une formation préparatoire de 100 heures puis 420 heures menant au diplôme d’État.
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Assistant familial et famille d’accueil : qui fait quoi
Les deux termes désignent la même réalité vue de deux côtés. L’assistant familial est le professionnel agréé et salarié ; la famille d’accueil, c’est lui plus son conjoint, ses enfants, toutes les personnes présentes à son domicile. Le code de l’action sociale et des familles le dit ainsi, et ça change tout : l’engagement est celui de la maisonnée entière.
Deuxième point à clarifier tout de suite : accueillir n’est pas adopter. Le lien de filiation n’est jamais rompu, l’autorité parentale reste aux parents sauf décision contraire du juge des enfants. L’assistant familial prend les décisions du quotidien ; il doit aussi respecter la place des parents et faciliter les visites prévues par le magistrat. Cette neutralité bienveillante est la partie la plus exigeante du travail, et celle dont on parle le moins.
Plusieurs formes d’accueil coexistent, et toutes ne demandent pas le même engagement.
- Permanent : l’enfant vit au domicile à plein temps, souvent plusieurs années.
- D’urgence : quelques jours à quelques semaines, en réponse à une situation de crise.
- Séquentiel : week-ends ou périodes définies, en complément d’un autre lieu de vie.
- De relais : prendre la suite d’une assistante familiale pendant ses congés.
- Spécialisé ou thérapeutique : auprès d’enfants porteurs de handicap ou suivis en pédopsychiatrie.
Les cinq critères d’agrément, et où vous en êtes
Cinq conditions fixées au niveau national. Comptez celles qui sont réunies chez vous, puis ouvrez le verdict correspondant.
- Une taille et un état de logement compatibles avec la présence d’un mineur, couchage dédié compris
- Une aptitude physique attestée par un examen médical
- Aucun antécédent judiciaire incompatible chez les personnes de plus de 13 ans vivant sous le même toit
- La maîtrise du français à l’oral et à l’écrit
- L’accord du conjoint et des enfants, discuté en amont
Les cinq sont réunis▼
Trois ou quatre sur cinq▼
Moins de trois sur cinq▼
Ces conditions décident de la recevabilité, pas de l’issue : la décision finale appartient au conseil départemental.

Le rôle au quotidien, sans la carte postale
La mission ne se résume pas à offrir une chambre. L’assistant familial accueille l’enfant chez lui et organise sa vie de jour comme de nuit, repas, hygiène, soins, école, devoirs, loisirs, et doit l’accompagner vers l’autonomie en tenant compte de son histoire. Son intégration à la maison fait partie des objectifs, au même titre que le respect de ses droits. L’objectif fixé par les textes est de permettre son développement physique, intellectuel et affectif, et son épanouissement au sein de la famille qui le reçoit.
On n’exerce jamais seul. Les assistants familiaux font partie, avec les enfants accueillis, d’une équipe pluridisciplinaire, éducateurs, travailleurs sociaux, psychologue, médecin. La loi du 7 février 2022 les a intégrés formellement à l’élaboration et au suivi du projet éducatif de l’enfant, et a ouvert la possibilité d’inscrire au contrat au moins un samedi et un dimanche de repos consécutifs par mois.
Restons honnêtes sur les contraintes : disponibilité permanente, week-ends et jours fériés compris, déplacements fréquents, et une précarité réelle puisque l’enfant confié peut repartir à tout moment. Les jours de repos se demandent par écrit, 21 jours calendaires par an dont 12 consécutifs, et c’est l’employeur qui organise le relais.
Le reste du temps, le quotidien ressemble à celui de n’importe quel foyer, avec les mêmes questions d’occupation du mercredi et des vacances. Nos idées de sortie en famille valent ici comme ailleurs, à ceci près que les sorties hors du secteur se signalent au référent.
Du premier rendez-vous au premier enfant
Comptez six mois à un an sur l’ensemble du parcours
La demande d’agrément, étape par étape
Tout commence au conseil départemental de votre lieu de résidence, service de protection maternelle et infantile (PMI). Cette rencontre collective n’est pas une formalité de politesse : dans plusieurs départements, le dossier n’est distribué que là.
Les pièces à réunir sont peu nombreuses mais bloquantes si l’une manque.
- Le formulaire officiel et un questionnaire sur vos conditions d’accueil.
- Un certificat de santé rempli par votre médecin traitant.
- Une copie de votre pièce d’identité ou de votre titre de séjour.
- Une attestation d’honorabilité de moins de six mois pour vous et pour chaque personne de plus de 13 ans présente au domicile. Elle se demande en ligne sur un portail public ; passer par FranceConnect raccourcit nettement la vérification, environ quinze jours.
Vient ensuite l’évaluation. Un premier entretien avec un psychologue explore vos motivations et votre représentation du métier ; un second, avec un puériculteur ou une assistante sociale, examine vos capacités d’organisation, d’adaptation et de travail en équipe. Un passage à domicile vérifie l’état, les dimensions et l’environnement des lieux au regard du nombre et de l’âge des enfants envisagés.
Le président du conseil départemental dispose de quatre mois à compter du dossier complet, six en cas de complément d’enquête. Tout refus doit être motivé par écrit et ouvre un recours gracieux, puis un recours devant le tribunal administratif dans les deux mois.
Salaire, statut et formation
C’est un emploi salarié de plein exercice : contrat de travail, congés payés, couverture santé, cotisations retraite. La rémunération se compose de deux parts définies par le code de l’action sociale et des familles : une part liée à la fonction globale d’accueil, d’au moins 50 fois le Smic horaire par mois, et une part par enfant, d’au moins 70 fois le Smic horaire mensuel. S’y ajoutent des indemnités d’entretien couvrant nourriture, hébergement et hygiène, une allocation d’habillement, et des majorations pour sujétions quand la situation demande des soins particuliers.
Ces montants sont des planchers. Plusieurs conseils généraux ont revalorisé ce minimum et prennent désormais en compte l’ancienneté acquise dans les métiers du soin ou du médico-social. Les écarts d’un territoire à l’autre sont réels, renseignez-vous auprès du vôtre.
Attention à ce que vous lirez ailleurs : beaucoup de pages encore en ligne annoncent 60 heures de stage et 240 heures de formation. Ces chiffres sont périmés. L’arrêté du 1er avril 2025 fixe le stage à 100 heures avant le premier accueil, puis 420 heures en alternance sur 18 à 36 mois, en quatre blocs de compétences. À l’issue de ce parcours, elle s’obtient par la validation des quatre blocs.
Ce que ça change selon votre situation
Si vous vivez seul
Ni le mariage ni la vie en couple ne figurent parmi les critères à présenter. Ce que l’évaluation cherche à vérifier, c’est une stabilité affective et une disponibilité réelle, doublées d’un entourage capable de prendre le relais quand la fatigue arrive.
Si vous avez déjà des enfants à la maison
C’est fréquent, et souvent un atout pour l’accueil d’un enfant de plus. Mais leur adhésion se vérifie, les travailleurs sociaux les rencontrent. Un enfant de la maison qui vit l’arrivée comme une intrusion fragilise tout le projet ; plusieurs professionnelles racontent avoir attendu des années pour cette raison précise. Côté pratique, les repères qui font tenir une grande maisonnée valent ici aussi : nous les avons réunis dans notre guide de l’organisation d’une famille nombreuse.
Si vous envisagez une reconversion
Aucun diplôme préalable n’est exigé, ce qui ouvre largement la voie. Les titulaires de certains diplômes d’État, auxiliaire de puériculture, éducateur de jeunes enfants, éducateur spécialisé, puéricultrice, bénéficient d’allègements. Gardez en tête qu’il n’existe pas d’évolution hiérarchique dans la fonction : on progresse par le nombre d’enfants accueillis, ou en allant travailler ailleurs dans le médico-social.
Notre regard
Faut-il se lancer ? Méfiez-vous des pages qui présentent ce métier comme une vocation évidente. C’est un travail, avec un cadre légal précis, des contraintes lourdes et une reconnaissance encore inégale. Les départements manquent de professionnels agréés, les départs en retraite ne sont pas compensés, et cette pénurie pèse d’abord sur les enfants, avec des fratries séparées faute de places.
La bonne façon d’entrer dans le sujet reste partout la même : aller écouter des assistantes familiales en exercice raconter leurs journées, puis rentrer en discuter chez soi. Personne ne vous demandera de décider ce jour-là.
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