Ce qui fait tenir les repas d’une famille, ce n’est pas le nombre de recettes connues, c’est une trame : un type de plat attribué à chaque soir de la semaine, qui supprime la question du « qu’est-ce qu’on mange ». Voici cette trame, puis 30 dîners répartis sur six semaines de rotation, chacun avec son temps de préparation active, et les repères de fréquence officiels qu’elle permet de tenir sans y penser.
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La trame hebdomadaire, la seule chose qui tienne dans la durée
Le vrai problème du dîner n’est pas culinaire, il est décisionnel. Cinq soirs par semaine, quelqu’un doit trancher, à 18h30, fatigué, avec un frigo à moitié rempli. Une trame supprime cette décision : chaque soir de la semaine se voit attribuer une catégorie, et il ne reste qu’à choisir dans cette catégorie.
| Soir | Catégorie imposée | Pourquoi ce jour-là |
|---|---|---|
| Lundi | Légumes secs | Le frigo est plein du week-end, on a l’énergie pour un plat qui mijote un peu |
| Mardi | Poisson | Encore assez tôt dans la semaine pour cuisiner du frais |
| Mercredi | Plat unique qui vide le frigo | Journée longue, souvent sans courses possibles. On récupère les restes |
| Jeudi | Viande ou volaille | Le soir où la motivation remonte, et celui qui fait le moins débat à table |
| Vendredi | Œufs, tarte ou gratin | Vingt minutes maximum, parce que plus personne n’a envie de cuisiner |
Cette trame place les légumes secs une fois en semaine et le poisson une fois, ce qui laisse le second passage de chacun au week-end. Les repères publics visent deux fois par semaine pour les deux, et c’est atteignable sans y penser une fois la trame installée.
Un point que je tiens à souligner : la trame ne se négocie pas, mais le plat à l’intérieur, si. C’est exactement ce qui la rend supportable pour les enfants. Le lundi, c’est légumes secs, point. Mais lequel, chacun peut le proposer.
Votre contrainte de ce soir
Cinq situations qui font dérailler la trame, et comment s’en sortir sans commander une pizza.
Vingt minutes, pas une de plus▲
Omelette aux pommes de terre, croque-monsieur maison avec une soupe, œufs cocotte, ou pâtes complètes poêlées avec ce qui traîne et du parmesan. Ces quatre-là ne demandent aucune anticipation et tiennent une tablée entière.
Un enfant refuse tout ce qui est vert▼
Ne négociez pas assiette par assiette, changez la texture. Un légume mixé dans une soupe, râpé dans une galette ou fondu dans un gratin passe là où le même légume en morceaux déclenche une crise. Et servez-le en entrée, quand la faim est encore entière.
Le refus alimentaire entre 2 et 6 ans est une étape banale du développement. Il passe d’autant plus vite qu’on n’en fait pas un affrontement.
On est huit à table ce soir▼
Passez au plat unique au four, servi dans son plat : hachis parmentier, gratin de pâtes, tarte salée, chili. Un seul contenant, une seule cuisson, une seule vaisselle, et chacun se sert. Les plats qui demandent un dressage individuel sont ingérables au-delà de six couverts.
Le budget est serré cette semaine▼
Les légumes secs sont de loin le meilleur rapport rassasiement-prix du placard : lentilles, pois chiches, haricots rouges. Ajoutez les œufs, les sardines en conserve, les légumes de saison et les féculents complets, et vous couvrez toute une semaine sans rien sacrifier.
Il reste des restes, et personne n’en veut▼
La règle qui marche chez nous : un reste ne se resert jamais tel quel, il change de forme. Le poulet du jeudi devient riz cantonais, la ratatouille devient garniture de tarte, la purée devient couche de hachis. Personne ne proteste contre un plat qu’il ne reconnaît pas.
Les temps indiqués dans cette page sont des durées de préparation active, cuisson au four non comprise sauf mention contraire.

30 dîners, six semaines de rotation
Chaque semaine suit la trame ci-dessus. Au bout de six semaines, vous recommencez : l’écart est assez long pour que personne ne se plaigne de répétition, et assez court pour que tout le monde connaisse les plats.
Semaine 1▲
| Lundi | Dahl de lentilles corail, riz complet | 25 min |
| Mardi | Filets de colin au four, purée maison | 30 min |
| Mercredi | Gratin de pâtes aux légumes du frigo | 20 min |
| Jeudi | Poulet rôti, haricots verts | 15 min |
| Vendredi | Omelette aux pommes de terre, salade verte | 20 min |
Semaine 2▼
| Lundi | Chili aux haricots rouges, semoule complète | 30 min |
| Mardi | Papillotes de saumon et courgettes, riz | 25 min |
| Mercredi | Soupe de légumes, croûtons et œuf mollet | 25 min |
| Jeudi | Sauté de dinde au curry, riz complet | 25 min |
| Vendredi | Quiche aux poireaux, salade | 15 min |
Semaine 3▼
| Lundi | Soupe de pois chiches au cumin, pain complet | 25 min |
| Mardi | Cabillaud à la tomate, boulgour | 25 min |
| Mercredi | Pâtes complètes poêlées, légumes, parmesan | 20 min |
| Jeudi | Boulettes de bœuf, purée de carottes | 30 min |
| Vendredi | Croque-monsieur maison, soupe | 20 min |
Semaine 4▼
| Lundi | Curry de lentilles vertes et patate douce | 35 min |
| Mardi | Sardines grillées, ratatouille, semoule | 30 min |
| Mercredi | Riz cantonais avec les restes de volaille | 20 min |
| Jeudi | Blanquette de volaille express, riz | 40 min |
| Vendredi | Tarte tomates et chèvre, salade | 15 min |
Semaine 5▼
| Lundi | Houmous maison, pain pita, crudités | 20 min |
| Mardi | Brandade de cabillaud, salade verte | 35 min |
| Mercredi | Gratin de courgettes et pommes de terre | 20 min |
| Jeudi | Émincé de porc aux champignons, pâtes | 25 min |
| Vendredi | Œufs cocotte, mouillettes, salade | 20 min |
Semaine 6▼
| Lundi | Salade de lentilles, œuf dur, échalote | 25 min |
| Mardi | Pavés de saumon poêlés, écrasé de pommes de terre | 25 min |
| Mercredi | Galettes de légumes râpés, yaourt à l’ail | 30 min |
| Jeudi | Hachis parmentier | 30 min |
| Vendredi | Pizza maison sur pâte toute prête, salade | 15 min |
Les repères officiels, en fréquences
Recommandations de Santé publique France pour les 4-17 ans
Le batch cooking, ce qui marche et ce qui ne marche pas
Cuisiner deux heures le dimanche pour ne plus toucher une casserole de la semaine : la promesse est séduisante et, telle quelle, elle ne tient pas. Ce qui s’écroule au bout de trois semaines, c’est de cuisiner cinq plats finis à l’avance, parce que le mercredi on n’a plus envie du plat décidé le dimanche.
Ce qui tient, c’est de préparer des briques, pas des plats. Une grande casserole de légumes secs cuits, une plaque de légumes rôtis, un poulet cuit, une base de sauce tomate, deux litres de soupe. Chacune sert dans trois dîners différents, et c’est vous qui décidez le soir même lequel.
- Les légumes secs cuits se gardent quatre jours au frais et passent partout : salade, soupe, curry, galettes.
- Les légumes rôtis deviennent garniture de tarte, base de gratin, ou plat unique avec de la semoule.
- Une volaille cuite alimente le riz cantonais du mercredi, un sandwich pour le midi et une soupe le lendemain.
- La soupe est le seul plat que je congèle vraiment, en portions individuelles, parce qu’elle sauve les soirs où personne n’a faim à la même heure.
Le reste du gain de temps vient d’une chose beaucoup moins photogénique : faire la liste de courses en même temps que le planning. Un menu décidé sans les ingrédients correspondants dans le placard ne survit pas au mardi.
Faire manger toute la tablée sans y laisser sa soirée
Au-delà de quatre enfants, la contrainte change de nature. Ce n’est plus le goût de chacun qui pose problème, c’est la logistique : la quantité, le service, et le fait que tout le monde ne mange pas à la même vitesse.
Trois principes ont fait leurs preuves. D’abord, un seul plat, servi dans son contenant, que chacun se sert. Ensuite, la même chose pour tout le monde, sans plat de substitution : le jour où un enfant obtient des pâtes parce qu’il ne veut pas du gratin, la cuisine devient un service à la carte. Enfin, deux mains adultes ne suffisent pas : chaque enfant qui sait tenir une assiette met la table ou la débarrasse, à tour de rôle. Notre guide sur l’organisation d’une famille nombreuse détaille cette répartition par âge.
Et gardez un soir par semaine hors trame, celui du plateau devant un écran, des crêpes ou de la raclette selon la saison. Ce soir-là ne coche aucun repère, et il est probablement celui dont vos enfants se souviendront. Il se marie très bien avec l’un des films à regarder en famille de notre sélection.
Chez Assortis Moi, nous habillons les tribus de toutes les formes depuis 2018. Nos tenues assorties pour toute la famille sont personnalisées et floquées en France, fabriquées à la commande.
Notre avis de terrain
Je vais être directe : la plupart des plannings de repas échouent parce qu’ils sont trop beaux. Une grille imprimée, sept dîners différents, des recettes qu’on n’a jamais faites. Ça tient huit jours. Une trame à cinq catégories, avec quatre plats connus dans chaque catégorie, ça tient des années, parce que ça ne demande aucune volonté.
Le deuxième piège est l’ambition du dimanche. On cuisine trois heures, on remplit le frigo, et le mardi on a déjà envie d’autre chose. Préparer des briques plutôt que des plats règle ce problème en gardant la décision finale au soir même, ce qui est exactement ce dont on a besoin quand on rentre fatigué.
Dernier point, moins pratique. Le repas du soir est souvent le seul moment où toute la maison est assise au même endroit. Ça vaut la peine de le protéger un peu : pas d’écran sur la table, y compris le vôtre, et une question posée à chacun. Le contenu de l’assiette compte, mais il compte nettement moins que ça.